Airbus et Kawasaki veulent faire de l'EuroDrone U950 MALE un chasseur de sous-marins

L’EuroDrone U950 MALE, conçu à l’origine pour la surveillance, pourrait évoluer vers une version navale dédiée à la lutte anti-sous-marine. Airbus et Kawasaki étudient cette piste, qui ouvrirait la voie à de nouveaux usages maritimes pour le drone européen.

Initialement conçu comme un drone MALE (moyenne altitude, longue endurance) destiné à des missions de surveillance et de renseignement, l’EuroDrone U950 pourrait bien prendre une orientation inattendue. Airbus et le groupe japonais Kawasaki Heavy Industries envisagent en effet de développer une version spécialisée dans la lutte anti-sous-marine, selon le média spécialisé Zone Militaire. Ce virage intervient alors que le programme européen, lancé il y a plus de dix ans par la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, connaît encore des ajustements politiques et industriels.

Confié à l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAr) et piloté par Airbus avec Dassault Aviation et Leonardo, l’EuroDrone a longtemps été présenté comme un pilier futur des capacités aériennes européennes. Mais son format massif - environ 10 tonnes, 26 mètres d’envergure et deux moteurs - soulève aujourd’hui des questions sur son adéquation avec les besoins opérationnels modernes, notamment dans un contexte de conflits de «haute intensité».

L’EuroDrone change de cap

Face à ces doutes, certains Etats européens privilégient désormais des drones plus légers et moins coûteux. Malgré cela, le programme EuroDrone n’est pas abandonné. Il reste soutenu par ses partenaires industriels, et la France continue officiellement d’y participer. En parallèle, le Japon et l’Inde ont rejoint le projet en tant qu’observateurs, ouvrant la voie à de nouvelles coopérations internationales.

C’est dans ce contexte qu’Airbus et Kawasaki ont signé un accord préliminaire pour explorer une déclinaison navale du drone. L’objectif serait de transformer l’U950 en plateforme de surveillance maritime avancée, capable de détecter et de suivre des sous-marins sur de vastes zones océaniques.«L’EuroDrone est parfaitement adapté aux pays comme le Japon, qui doivent surveiller de vastes zones maritimes. Comparé à son principal concurrent (le MQ-9B SeaGuardian de l’américain General Atomics, ndlr), il possède une autonomie de vol bien supérieure et peut emporter une charge utile beaucoup plus importante, notamment des bouées acoustiques et des torpilles pour la lutte anti-sous-marine», a expliqué Airbus.

Un projet encore en phase d’étude

Le projet en est encore à un stade exploratoire. Airbus et Kawasaki doivent désormais étudier la conception d’une version maritime, l’intégration de technologies japonaises, ainsi que la répartition industrielle et le maintien en condition opérationnelle. L’objectif est de permettre au Japon une utilisation autonome, sans dépendance extérieure.

Cette coopération pourrait aussi bénéficier à l’Europe : Airbus estime que les travaux menés avec Kawasaki pourraient contribuer aux futures évolutions navales de l’EuroDrone, en améliorant ses capacités dans le domaine de la surveillance maritime et de la lutte sous-marine.

Source : capital.fr

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