Les facteurs favorisant la hausse du cours de l’or (qui enchaîne les records) sont là pour durer, juge le gérant de fonds Alain Corbani, pour qui les fondamentaux du métal précieux n’ont jamais été aussi favorables et le positionnent pour une prochaine séquence de progression majeure.
L’or monte. Ce mois de septembre 2025 est historique pour le roi des métaux précieux, «non pas parce que le cours a à nouveau franchi d’anciens plus hauts (une tendance entamée depuis deux ans) mais parce que l’once d’or au fixing de Londres a cassé à la hausse le seuil psychologique des 3 500 dollars (le 3 septembre) et le seuil des 3 600 dollars cinq jours plus tard», relève Alain Corbani, responsable matières premières chez Montbleu Finance et gérant du fonds d’actions de sociétés minières aurifères Global Gold and Precious, interrogé par Capital.
Selon l’expert des métaux précieux et des matières premières, les facteurs qui ont contribué à cette progression du cours de l’or «sont fondamentaux et de nature à perdurer». Les toutes dernières statistiques américaines sur l’emploi ont confirmé la détérioration enclenchée il y a déjà plus de deux ans. «Fait notoire, la révision finale pour le mois de juin a démontré que l’économie américaine avait perdu des emplois, une contraction qui ne s’était pas vue depuis 2020», fait valoir le gérant de fonds. Dans les commentaires mensuels de Montbleu Finance de début août, la société de gestion soulignait qu’avec «une politique monétaire la plus restrictive depuis 2007… nous sommes à l’aube d’une nouvelle baisse des taux».
La perte de confiance, la dédollarisation et les Banques centrales font grimper le cours de l’or
Donald Trump devrait bientôt voir la majorité de ses candidats siéger au Conseil des gouverneurs de la Banque centrale américaine (La Fed). Les marchés anticipent désormais une baisse de 1 point de pourcentage (en cumul) du taux directeur de la Fed d’ici à mars 2026. «Une intervention aussi flagrante du politique dans l’implémentation de la politique monétaire nationale exacerbe le sentiment de perte de confiance et la poursuite du mouvement de dédollarisation entamé dès 2022, favorable à la hausse du prix de l’or», note Alain Corbani.
Les Banques centrales ont acheté en moyenne 1 000 tonnes d’or par an ces trois dernières années. Leurs réserves en or exprimées en dollar dépassent pour la première fois leur exposition aux bons du Trésor américain. Entre «le put Trump (politique fiscale et budgétaire exacerbant les déficits et l’endettement), le put des Banques centrales (acheteuses d’or) et le put Powell (baisse des taux et du dollar, des phénomènes qui dopent traditionnellement le cours de l’or), les fondamentaux de l’or n’ont jamais été aussi favorables et positionnent le métal précieux pour une prochaine hausse majeure», juge le gérant de fonds.
En Bourse, les actions de sociétés minières aurifères gardent un fort potentiel
Un objectif à moyen terme de 5 000 dollars pour le cours de l’once d’or n’est plus hors d’atteinte. Les actions des sociétés de mines d’or cotées en Bourse en sont les premières bénéficiaires. Ces entreprises «ont vu leurs marges nettes passer en un an (sur 12 mois glissants) du point mort à plus de 21% au dernier trimestre», rapporte Alain Corbani. Les lecteurs de Momentum, la lettre d’investissement premium quotidienne de Capital sur la Bourse, ont pu massivement profiter ces dernières années de l’envolée de l’or, recommandé à l’achat puis à la vente à plusieurs reprises à de très bons timings.
Source : capital.fr
