Michelin : du potentiel en Bourse pour le n°1 du pneu du CAC 40 ? L’oeil du Loup de Zurich

Michelin est une des valeurs sûres du CAC 40, à la Bourse de Paris. C’est une action de société cyclique mais qui résiste relativement bien quand un krach en Bourse survient. Que disent l’analyse technique et l’analyse financière sur les perspectives de l’action Michelin ?

Michelin, le géant du pneu du CAC 40, a déjà une longue histoire derrière lui. A Clermont-Ferrand, fin XIX?, «deux frères à moustaches qui carburent à la gomme… et en 1889, Michelin voit le jour. Pas question de rester dans les jupes du sabot de cocher : direct, ils sortent le patin de frein The Silent. L’innovation made in Auvergne, ce n’est pas du folklore», salue James D. Touati (dit le Loup de Zurich), consultant, formateur, trader et président-fondateur de The Nest, interrogé par Capital. Tour d’horizon de Michelin, avec son histoire, sa légende et la réalité du marché.

Et en 1898 débarque ce monstre sacré du branding (actions marketing et de communication pour mettre en avant et développer une marque), Bibendum. À l’époque, «?ce n’est pas un gros marshmallow tout gentil : c’est un mec qui lève son verre (rempli de clous, s’il vous plaît), affiche quote latine stylée et cigarette au bec. Slogan ? Nunc est bibendum. Traduction maison : le pneu boit l’obstacle, toi tu bois la victoire», relève le consultant. Ce genre de rock star qui rend jaloux tous les logos du CAC 40.

Michelin, l’Alain Prost du pneu, leader au volant. Que dit l’analyse financière ?

Michelin a déjà produit 190 millions de pneus. En face ? Bridgestone (180 millions), Goodyear (160 millions) et Continental (150 millions) ne lui arrivent pas à la cheville. C’est Michelin qui «joue le rôle d’Alain Prost, le Professeur, dans le paddock mondial du caoutchouc. 27,5 milliards de chiffre d’affaires et le drapeau français qui flotte plus haut que jamais. Cocorico, en toute modestie», apprécie l’expert. Depuis janvier 2025, le cours de Bourse de Michelin grimpe de 1,50%. «La bête est coincée autour de 32,30 euros à la mi-juillet 2025, fait la gueule sur un an (-10%) mais bande les muscles sur deux ans (+19?%). L’effet “boxeur revenu de l’entraînement”», relève James D. Touati.

Par rapport au CAC 40, Michelin n’est pas là pour la photo finish, il sous-performe, c’est sûr. «Mais au crash test du krach en Bourse, l’action encaisse mieux que les valeurs cycliques pure souche», apprécie le Loup de Zurich. Résultats du premier round : au premier trimestre, le chiffre d’affaires de Michelin est en baisse de 1,9?%, «avec des volumes épinglés de 7,3?% (merci la morosité sur les camions et tracteurs). Mais les pneus premium de remplacement, eux, tapent dans la marge et sauvent le navire», relève le consultant. Résilience : Michelin, c’est «75?% de l’activité réalisé sur le pneu de remplacement. Moins exposé que la banquette arrière de la Peugeot 205 à la rouille : c’est solide», salue James D. Touati.

Scénarios et prévisions sur Michelin : “force tranquille” pour les perspectives, mais…

Michelin bénéficie d’un leadership mondial sur le pneu de remplacement. Pas de débat, c’est qui le patron ? Les objectifs pour 2025 (résultat opérationnel en hausse et cash-flow supérieur à 1,7 milliard d’euros) ont été maintenus. Pour 2026–2027, «les marges sont en embuscade, grâce au turbo (innov’ pneus EV, biosourcés, connectique partout). Les points de vigilance : le “first fit” (les pneus de première monte), ce n’est pas la fête, et les analystes comme ceux de Deutsche Bank réajustent la mire (objectif de 40 à 37 euros sur l’action, mais le bouton “acheter” reste vert)», note le Loup de Zurich.

Du point de vue de l’analyse technique (analyse graphique et mathématique de l'évolution du cours de Bourse, pour anticiper la trajectoire probable d’une action), le franchissement des 34 euros sur l’action a été avorté. L’action est revenue sur 31,50 euros (et ça transpire dans les salles de marché…). La volatilité de l’action Michelin «est contenue (22?%), et son bêta (sensibilité d’une action aux mouvements du marché actions, NDLR) est un bêta de fillette (0,8). Bref, l’action Michelin, c’est du défensif, pas du crypto shitcoin (des cryptomonnaies ultra-spéculatives). Interprétation : oui, une correction temporaire en Bourse est possible, surtout si le marché fait du drift. Mais absence de signaux “apocalypse now” : il faudrait vraiment un Black Swan (un cygne noir, un événement inattendu majeur, NDLR) ou une crise sectorielle pour que ça parte en vrille», juge l’expert.

Michelin est une valeur sûre, en Bourse. Mais que dit l’analyse technique ?

Michelin reste LE pilier défensif, le genre d’action du CAC 40 qui «traverse les tempêtes sans broncher (merci Bibendum, posture Rocky face à Apollo Creed). Avec un potentiel rebond évalué à 12-17?%?par les stratèges, à condition de ne pas se prendre un tour de roue mal placé, du côté de la conjoncture économique», relève James D. Touati. En clair : Michelin, c’est la résilience, la créativité industrielle, et une mascotte mythique qui résume tout le génie marketing hexagonal. Rien à jeter, sauf si le monde s’écroule. À ce jeu, «le “Bonhomme” restera debout quand beaucoup auront laissé la gomme sur le bitume», salue le Loup de Zurich.

 

Source : capital.fr

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