Le rachat de SFR est officiellement lancé
Selon les informations de BFMTV, Patrick Drahi, le patron de l’opérateur au carré rouge a envoyé mi-juin les données financières détaillées de son opérateur télécom pour 2024 au candidats pour son rachat, à savoir Bouygues et Free. D’après l’un de ses créanciers, l’homme d’affaires entend ainsi valoriser l’entreprise aux alentours de 23 milliards d’euros - dont 15 milliards d’euros de dettes - en cédant une partie de son activité à d’autres opérateurs sur le marché, et ce, alors que le chiffre d’affaires de SFR a continué à reculer de 5,8 % au premier trimestre.
Alors que les négociations ont d’ores et déjà commencé, ces dernières impliquent sur la partie téléphonie le directeur général de Bouygues, Olivier Roussat, et son secrétaire général, Didier Casas, de même que le directeur général de Free, Thomas Reynaud. Il faut dire que l’enjeu est majeur pour ces deux opérateurs. Si Bouygues souhaite remettre en question la position dominante de son concurrent Orange, Free, fort de ses 50 millions de clients, espère de son côté tenter de s’imposer parmi les leaders européens du mobile et de l’Internet. En attendant, il faudra patienter, puisque il faudra attendre encore plusieurs mois avant que tout ne soit discuté, validé et signé, probablement courant 2027.
Le partage des abonnés SFR au cœur des discussions
Au cœur des discussions, la répartition des 20 millions d’abonnés mobile et des 6 millions d’abonnés Internet de SFR reste un enjeu crucial. Alors que Bouygues Télécom partage depuis dix ans 15 000 antennes du réseau mobile de SFR, l’opérateur pourrait bien ressortir gagnant de ce découpage. Si, selon BFMTV, Free serait prêt à y renoncer, reste que tout cela aurait un coût estimé entre 200 et 300 millions d’euros à Bouygues Télécom, qui, par conséquent, souhaiterait récupérer au passage la majorité des abonnés de SFR pour compenser ce financement supplémentaire.
Du côté d’Internet, Orange devrait tenter de défendre sa position de leader sur le marché des box, l'entreprise représentant aujourd’hui, 32 % des abonnés web. Tandis que Free aujourd’hui représente 25 % de ce marché et Bouygues 15 %, les 24 % de SFR pourraient bien faire basculer ce classement. Enfin, le dernier maillon des discussions, et pas des moindres, concerne SFR Business qui vaudrait aujourd’hui 3 milliards d’euros dont 400 millions d’euros de bénéfices nets chaque année. Si le groupe Free serait très intéressé pour le reprendre afin de renforcer son offre à destination des entreprises plutôt modeste actuellement, Orange, qui est leader sur ce segment, pourrait bien tenter, de son côté, de peser dans la balance des négociations.
Source : capital.fr
