Un rachat de Lyft par Amazon cette année ? Menace « immédiate et crédible » pour Google dans les robotaxis

Le service Waymo est déjà disponible à San Francisco, Los Angeles et Phoenix et le sera cette année à Atlanta et Austin. Outre-Atlantique, Alphabet, la maison mère de Google, est en position de monopole de fait dans les robotaxis depuis que Cruise de General Motors a jeté l'éponge en décembre. Tesla et Amazon n'en sont toujours qu'en phase de tests. Le géant de l'e-commerce pourrait toutefois donner de l'élan à son développement en rachetant Lyft, estime The Information. Les actions du principal concurrent d'Uber aux Etats-Unis ont bondi hier sur ce présage et progressent encore de plus de 1% aujourd'hui à Wall Street.

La thématique des robotaxis s'annonce déjà comme phare pour la Bourse en 2025. Hier, dans un marché baissier, le principal concurrent d'Uber aux Etats-Unis, Lyft, a fini sur un gain de près de 6%, non pas sur une information mais sur un présage d'Anita Ramaswamy , ancienne analyste devenue éditorialiste. Pour The Information, publication online spécialisée sur la « tech », elle s'est livrée à l'exercice acrobatique des prédictions pour la nouvelle année, « l'une des parties les plus amusantes de mon travail », explique-t-elle sur LinkedIn. Mais fun ne veut pas dire farfelue. Les investisseurs ont donné du crédit à son anticipation d'un rachat cette année de Lyft par Amazon qui a de grosses ambitions dans les robotaxis avec sa filale Zoox.

Or, la « Google Car » d'Alphabet a pris de l'avance. Le service Waymo - déjà opérationnel à San Francisco, Los Angeles et Phoenix - revendiquait 150.000 trajets payants par semaine en décembre, en rapide augmentation par rapport aux 100.000 annoncés cet été et aux 50.000 pointés en mai. Sa domination devrait s'intensifier après être devenue encore plus manifeste en décembre dans la foulée de l' abandon de Cruise suite à des pertes financières et un grave accident qui a eu lieu fin 2023 à San Francisco. Waymo se déploiera cette année à Atlanta et Austin en partenariat avec Uber, avant Miami en cavalier seul en 2026, année au cours de laquelle Tesla ambitionne par ailleurs de lancer son Cybercab.

Amazon teste actuellement ses robotaxis en Californie avec des employés comme passagers, mais n'a pas encore communiqué de date pour un lancement public.

« Les services de VTC existants vont connaître une période de perturbation, explique Anita Ramaswamy. Uber est l'une de ces entreprises, et il faut lui reconnaître qu'elle s'est préparée à un avenir rempli de taxis autonomes. Le principal concurrent d'Uber, Lyft, est dans une situation bien plus difficile, ce qui en fait une cible d'acquisition mûre, et je pense qu'Amazon l'achètera. »

Un tel rapprochement serait gagnant-gagnant, à la fois pour Lyft et pour Amazon sachant que le concurrent d'Uber affiche 24 millions d'usagers actifs à son compteur. Ce mariage constituerait une menace « immédiate et crédible » pour Waymo, tout en permettant à Zoox d'étendre son activité future à la livraison de nourriture, un service que Lyft propose en BtoB pour les restaurants en collaboration avec Olo.

Pékin a changé sa réglementation à l'aube de 2025

Le marché des robotaxis, estimé à 2,58 milliards de dollars en 2024, devrait franchir la barre des 80 milliards en 2031, selon Coherent Market Insights, au rythme d'un taux de croissance annuel de près de 64%. « Le déploiement généralisé dans certaines régions est attendu autour de 2030, en fonction de l'environnement réglementaire et de la disponibilité des infrastructures, indiquait en juin le cabinet de consulting . Si les coûts baissent fortement et que les performances de conduite surpassent celles des véhicules pilotés par l'humain, le marché des robotaxis pourrait devenir plus large encore que ce qui est estimé. »

A San Francisco, les robotaxis d'Alphabet sont accessibles à tous sans restriction depuis seulement l'année dernière, soit trois ans après que ces voitures blanches bardées de radars qui ressemblent un peu à notre Zoe sulfateuse de PV ont commencé à circuler dans le cadre de tests.

De son côté, la Chine fait tout le nécessaire pour faciliter le développement rapide de ses futurs champions. Le premier marché automobile du monde ambitionne de devenir le leader de demain des robotaxis grâce à des acteurs comme Apollo Go de Baidu, le Google chinois, Pony.ai (qui s'est introduit avec succès à Wall Street en novembre) ou encore WeRide. Sur son sol, des flottes sont déjà disponibles dans 12 villes, dont Wuhan et Chongqing, et le pays vise une adoption large d'ici à 2030. Mardi 31 décembre, comme pour donner une impulsion à 2025, Pékin a adopté de nouvelles réglementations visant à encourager le développement des technologies de conduites autonomes dans la ville.

En Europe, très en retard sur la technologie, les expérimentations d'autonomie portent surtout sur les minibus et navettes dans les transports publics. Sur le Vieux Continent, la réglementation impose encore que les conducteurs gardent les mains sur le volant, ce qui empêche quoi qu'il en soit une exploitation commerciale.

Source : lesechos.fr

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