[Analyse, RSI, indicateur] : Comment utiliser la stochastique en bourse

1. Présentation de la stochastique

La stochastique est l’un des indicateurs les plus utilisés en analyse technique. Il appartient, tout comme le RSI, à la catégorie des indicateurs d’élan.
La stochastique est un oscillateur borné entre 0 et 100 développé par Georges Lane. Cet indicateur fait appel aux niveaux extrêmes atteints par la valeur sur une période donnée. Pour cela, la stochastique mesure le niveau de clôture d’une valeur par rapport à l’amplitude parcourue par les prix. L’indicateur varie donc en fonction de la volatilité des séances.
Tout comme le RSI, l’indicateur stochastique met en évidence les zones de surachat et de survente. Ces zones sont également délimitées par des bornes. De cette façon, l’indicateur est en mesure d’identifier les essoufflements et retournements de marché. La stochastique peut être utilisée avec des périodes différentes. Comme pour le RSI, on utilise les périodes 9, 14 ou 21 séances correspondant aux horizons d’investissement court, moyen et long terme.

2. La méthodologie de la stochastique

La stochastique est constituée de deux oscillateurs. Le premier, appelé « %K », très volatile, sera filtré par un deuxième oscillateur appelé « %D ». L’oscillateur %K se définit ainsi :

%K (n jours) = [ ( C - PBn ) / ( PHn - PBn ) ] x 100

Avec pour variables :

  • C : le cours du jour ;
  • PBn : le cours le plus bas sur la période (n jours) ;
  • PHn : le cours le plus haut sur la période (n jours).

%K (14 jours) = : [(108- 91)/(110-91)]*100 = 89,4 7%

Plus le dernier cours (C) est proche du plus haut (PHn) et plus la stochastique (%K) est élevée et proche de 100 %. Réciproquement, plus le dernier cours (C) est proche du plus bas (PBn) et plus la stochastique (%K) est faible et proche de 0 %.
Le « %K » est un oscillateur très réactif et volatil. En effet, contrairement au RSI, il n’intègre pas de moyenne mais les variations entre les plus hauts et plus bas sur la période considérée. La stochastique est donc, de ce fait, beaucoup plus volatile. L’indicateur peut passer de 0 à 100 d’une séance à l’autre.
Le « %K » nécessite donc d’être filtré par un second indicateur (%D) qui va lisser ses excès. Le %D se définit comme la moyenne mobile à 3 jours du « %K ». Ainsi, le « %K » lissé par le « %D » constitue l’indicateur « Fast » stochastique ou stochastique rapide. Par défaut, on retient pour le « %K » les périodes de 5, 9, 14 et 21 jours.
Par opposition à la stochastique rapide, il existe également l’indicateur appelé « Slow » stochastique ou stochastique lente. Pour cela, on présente généralement le « %D » avec sa moyenne mobile à 3 jours. Ce nouveau degré de lissage avec la moyenne mobile du %D permet d’atténuer encore plus les fortes variations à la hausse comme à la baisse prises en compte par la fast stochastique.

Exemple

Dans l’exemple de VEOLIA ENVIRONNEMENT, les cours en séance, en chandeliers, sont analysés par la fast et la slow stochastique. Elles évoluent entre 0 et 100. Nous constatons que la fast stochastique présente des oscillations beaucoup plus fréquentes que la slow stochastique qui a un aspect plus lissé.

La fast stochastique envoie comparativement à la slow stochastique, un plus grand nombre de signaux, dont certains peuvent parfois être erronés. Mais la slow stochastique envoie des signaux plus fiables que ceux donnés par la fast stochastique. Enfin, cas de retournement de tendance, la slow stochastique prévient plus tard que la fast stochastique. Il est donc conseillé d’utiliser simultanément ces deux indicateurs.

3. Interprétation de la stochastique

L’utilisation en termes de zones

La stochastique permet de détecter l’essoufflement de la tendance. Comme pour le RSI, la lecture de l’indicateur s’effectue selon une zone de surachat et une zone de survente. Lorsque les deux indicateurs, « fast » et « slow » stochastiques se trouvent en zone extrême, on considère alors que le marché est survendu ou suracheté. Le niveau correspondant à la zone de surachat commence au-dessus de 75 et celui de survente en dessous 25.
Ainsi, dans la phase de hausse, la stochastique est supérieure à 50 et monte vers la borne haute. Réciproquement, dans la phase de baisse, la stochastique est inférieure à 50 et baisse en direction de la borne basse.
Cependant, pour la fast stochastique dont les oscillations sont parfois trop rapides, surtout dans les zones extrêmes, il est préférable de rehausser les critères de sélection des zones extrêmes. Pour cela, vous pouvez passer le niveau de surachat à 80 et celui de survente à 20 afin de donner une indication plus significative des tensions dans le marché.
La stochastique peut rester bloquée pendant plusieurs jours sur les bornes extrêmes. Cela confirme l‘existence d’une inertie dans la tendance des cours. A titre d’exemple, lorsque la stochastique se maintient au-dessus du seuil de 80, on aura la preuve que le marché suit une tendance haussière forte et qu’il est dans ces conditions très risqué de vendre à contre tendance.

Application des divergences à la stochastique

L’étude des divergences entre l’évolution de la stochastique et les cours donne des résultats très fiables. Cependant, les apparitions de divergences sur la stochastique sont beaucoup plus rares que celles du RSI.
La première forme de divergence s’applique à un mouvement de plusieurs jours : l’oscillateur « %D » entame un trend inverse à celui constaté sur les cours.
La deuxième forme de divergence s’observe quand, d’une séance sur l’autre, on constate une divergence entre l’évolution du cours et celle de l’oscillateur « %D ».

Application des moyennes mobiles à la stochastique

Lorsque la stochastique croise sa moyenne mobile à la hausse, cela est considéré comme un signal haussier sur la valeur. Réciproquement, lorsque la stochastique croise à la baisse sa moyenne mobile, cela est considéré comme un signal baissier sur le titre. Le croisement est cependant beaucoup plus significatif s’il survient en zone de surachat ou de survente.
Lorsque l’oscillateur se trouve sur la borne haute et qu’il croise sa moyenne mobile slow « %D » à la baisse, un signal de vente est donné. Inversement, lorsque l’oscillateur se trouve sur la borne basse et qu’il croise sa moyenne mobile slow « %D » à la hausse, un signal d’achat est donné.

L’utilisation du chartisme

La lecture de la stochastique peut être affinée à l’aide du chartisme. On peut déceler sur l’indicateur les configurations graphiques que l’on retrouve généralement sur la courbe des cours. En effet, les résultats obtenus avec la comparaison des droites de tendance et des tracés entre l’indicateur et la valeur sont très probants.

 

 

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