[Analyse, RSI, indicateur] : Comment utiliser le RSI en bourse

Le RSI 

 

1. Présentation du RSI

Le RSI « Relative Strength Index » est un indicateur parmi les plus connus et utilisés en analyse technique. Il a été développé par J.W. Wilder en 1978 et traite des retournements de marché. Le RSI appartient à la catégorie des indicateurs d’élan qui permettent d’iden­tifier les retournements dans les marchés sans tendance. Le RSI va mettre en évidence des zones de surachat et de survente qui sont déterminées par rapport à une borne supérieure et une borne inférieure. Ces zones permettent d’identifier l’essoufflement des cours, mo­ment où la probabilité de retournement est la plus forte. La sortie de zone de survente ou de surachat peut alors donner lieu à des prises de positions sur la valeur. 

2. La méthodologie du RSI

Le RSI est un indicateur borné entre 0 et 100. Il mesure la vitesse d’évolution des cours, la régularité avec laquelle une valeur progresse, et permet donc de déceler les zones d’es­soufflement du marché.
Cet indicateur nécessite pour sa construction de faire le rapport entre la moyenne des clô­tures en hausse et la moyenne des clôtures en baisse sur la même période.

H : valeur moyenne des séances haussières sur une période donnée.

B : valeur moyenne des séances baissières sur une période donnée.

L’objectif est de comparer la force du momentum haussier et celle du momentum baissier :

RSI = 100 - [100 / (1 + H/B)]

Exemple
Notre exemple porte sur le calcul du RSI à 14 périodes qui est le paramétrage utilisé le plus souvent par défaut

Avec les variations des séances haussières sur cette période :
H = (4+1+8+2+6+2+2+2) = 27

Avec les variations des séances baissière sur cette période :
B = (3+4+9+7+2) = 25

Si les cours avaient progressé à la hausse sur les 14 séances, la valeur du RSI aurait été égale à 100. En revanche, si les cours avaient constamment baissé, la valeur du RSI aurait été de 0.

De manière générale :

- un RSI proche de 100 signifie que le marché est haussier ;

- un RSI autour de 50 signifie que le marché est plat ;

- un RSI proche de 0 signifie que le marché est baissier.

La formule du RSI ne prend pas en compte la volatilité des cours (l’amplitude des mouve­ments). Il est également à noter que le RSI peut parfois présenter un phénomène d’inertie. En effet, le RSI peut rester bloqué dans sa zone de surachat ou de survente suite à une hausse ou à baisse continue des cours.

3. Interprétation du RSI

Le RSI permet de détecter la maturité et l’essoufflement du mouvement en cours. On fixe de manière courante entre 20 et 30 la valeur de la borne inférieure et entre 70 et 80 la valeur de la borne supérieure. Ainsi, la zone de surachat partira de la borne supérieure jusqu’à 100, et la zone de survente de 0 à la borne inférieure à 30. Dans la phase de hausse, le RSI est supérieur à 50 et monte vers la borne haute.

Dans le cas de mouvements de hausse importants, le RSI évoluera dans la zone de sura­chat (RSI supérieur à 70). On parlera de zone de surachat lorsque la valeur du RSI (9 ou 14) est comprise entre 70 et 100. Lorsque le RSI sort de la zone de surachat en passant sous les 70, on considère que le mouvement en cours est arrivé à maturité et une correc­tion technique baissière est à venir.
Le surachat traduit une tension importante. La valeur a connu une forte pression ache­teuse, la probabilité d’une consolidation ou d’un retournement à la baisse augmente.
Inversement pour les mouvements de baisse, le RSI est inférieur à 50 et recule vers la borne basse. La zone de survente correspond à un RSI situé entre 0 et 30. Une fois que le RSI sort de cette zone, on peut s’attendre à un rebond technique hausssier sur le titre.
La survente, qui indique que la valeur a connu une forte pression vendeuse, augmente la probabilité d’un retournement à la hausse.

Exemple

Le graphique du CAC 40 sur un horizon de 7 ans en période mensuelle nous permet d’identifier trois types de mouvement : une première phase de marché haussier, une se­conde phase de marché baissier, et une troisième phase de marché faiblement haussier sans réelle tendance.

 Le graphique du RSI illustre également les trois phases observées sur l’indice CAC 40. Le paramétrage du RSI est de 9 périodes. Les bornes hautes et basses qui définissent respectivement les zones de surachat et de survente sont positionnées à 70 et 30. Ainsi, on peut voir dans un premier temps, un RSI situé la plupart du temps en zone du surachat suite à la forte hausse du CAC 40. La sortie de la zone de surachat en phase 2 a devancé le retournement à la baisse du marché.

 

La forte tendance baissière qui s’étale de 2001 à 2003, a entrainé le RSI jusque dans sa zone de survente. De même, en phase 3, le RSI a anticipé le rebond du marché en 2003, en sortant de sa zone de survente bien avant le retournement à la hausse. La hausse du RSI qui illustre le rebond du marché en 2003 s’est cependant ralentie depuis 2004. En effet, le RSI qui oscille à proximité des 50 illustre un marché sans réelle tendance.

Exemple

Le graphique de CASINO GUICHARD et celui de son RSI fait apparaître différentes phases :

- marché sans tendance ;

- marché en tendance haussière ;

- marché en correction baissière ;

- marché de nouveau sans tendance.

Un signal haussier est généré lorsque le RSI franchit à la hausse la borne inférieure. La moyenne des clôtures en baisse est alors encore supérieure à la moyenne des clôtures en hausse, puisqu’inférieure à 50.

Un signal baissier est généré lorsque le RSI franchit à la baisse la borne supérieure. La moyenne des clôtures en hausse est encore supérieure à la moyenne des clôtures en baisse.
Si le marché est non orienté, sans réelle tendance et que, parallèlement, la valeur connaît une série de séances haussières, la probabilité que la valeur reparte à la hausse devient beaucoup plus forte. Le RSI illustrera justement ce retournement en devenant fortement haussier.
Cependant, si le marché est dans une tendance haussière, le RSI sera lui aussi élevé et pro­bablement en zone de surachat. Le fait d’être en zone de surachat ou de survente ne doit pas signifier que vous devez prendre systématiquement position à la vente ou à l’achat. Il peut y avoir effectivement des tensions sur la valeur, mais qui ne se concrétiseront pas nécessairement par une consolidation.
Pour prendre position à la vente à découvert, il faudra que le RSI casse sa borne supérieure et sorte de sa zone de surachat. Mais il faudra également coupler l’analyse avec un indica­teur de tendance (moyennes mobiles, MACD, ou momentum) afin de déceler l’apparition d’une nouvelle tendance baissière. Pour être encore plus pertinente, cette analyse pourra être associée avec la détection de divergences baissières sur l’indicateur RSI.
Inversement, si le marché est dans une tendance baissière, le RSI sera aussi baissier et probablement en zone de survente. Cela ne signifie par pour autant qu’il faut acheter immédiatement le titre.
Pour prendre position à l’achat, le RSI devra franchir à la hausse sa borne inférieure et quitter la zone de survente. L’analyse pourra être également
asssociée avec un indicateur de tendance ainsi que la détection de divergences haussières afin d’identifier la présence d’une nouvelle tendance.

Périodes de calcul et choix des bornes

Le RSI peut être utilisé avec des périodes différentes. On applique communément des périodes de 9, 14 ou 21 jours. Ces périodes correspondent à des horizons d’investissement à court et moyen terme. Les investisseurs à moyen / long terme pourront utiliser un RSI à 9, 14 ou 21 semaines. Les investisseurs à très court terme pourront utiliser un RSI à 3 ou 5 jours.
Le choix des bornes devra être adapté à la période de calcul du RSI. En effet, plus la période est petite, plus le niveau de surachat doit être grand et le niveau de survente petit :

- si la période du RSI est inférieure à 9, la zone de surachat commencera à 75/80 et celle de survente à 25/20 ;

- si la période du RSI est plus grande que 9/14, le niveau de surachat commencera à 65 et celui de survente à 35.

Exemple

Sur ce graphique, on peut se rendre compte de l’intérêt du RSI. En effet, lorsque le RSI est entré dans les zones de surachat ou de survente avec des divergences par rapport au cours, son pouvoir prédictif de retournement de tendance a rarement été pris en défaut. En témoigne le signal de surachat et de divergence baissière de début 2000 qui annonçait un retournement à la baisse de l’indice CAC 40. Tout comme le signal de survente et de divergence haussière du printemps 2003 qui annonçait le retournement à la hausse.

En fonction de son profil d’investisseur, on peut prendre position lors de l’apparition de la divergence, avant même que la tendance se retourne, mais en veillant à placer un stop de protection judicieux.

L’utilisation des moyennes mobiles du RSI
L’utilisation des moyennes mobiles calculées à partir du RSI peut constituer une aide sup­plémentaire pour la prise de décision. En effet, les moyennes mobiles permettent de filtrer l’indicateur RSI et ainsi écarter d’éventuels faux signaux.

L’interprétation est alors la même que celle d’une moyenne mobile et de son cours. Le franchissement à la hausse de la moyenne mobile du RSI par le RSI lui-même est un signal haussier sur le titre. Et inversement, le croisement à la baisse de la moyenne mobile par le RSI est un signal baissier sur le titre.

L’utilisation des figures chartistes
Le RSI peut donner lieu à une analyse graphique en appliquant les mêmes configurations chartistes que celles qui sont utilisées pour les cours. Cependant, les figures identifiables sur le RSI n’apparaitront pas forcément sur la valeur. Ainsi, on observe couramment des configurations telles que les canaux, biseaux et triangles, mais également les trends.

La validation de figures chartistes sur le RSI sera en mesure d’anticiper une correction ou un retournement de marché. Cependant, la pertinence donnée à ces figures n’est pas aussi forte que celle détectée directement sur la courbe de cours du titre.

 

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